Le présente travail a pour principal mérite de refléter au plus près les termes utilisés quotidiennement par les ostéopathes, d'où son titre. Il est en cela révélateur d’un mode de compréhension du patient et de la réalité actuelle de la relation soignant/soigné car les formulations rapportées sont exactement celles des praticiens, face à des cas réels.
Sans prétendre à une «représentativité» scientifique, ces formulations sont significatives de la réalité de la pratique ostéopathique d’aujourd’hui car il n’y pas eu d’autre sélection des praticiens que celle effectuée par les patients ; ils exercent dans toutes les régions métropolitaines et ont été formés dans des écoles différentes.
Il s'agit d'un outil de travail réflexif et pédagogique pour les praticiens eux-mêmes. Il se veut un retour vers ceux qui ont rempli les fiches et, au delà de ce millier de praticiens, il vise à susciter des retours plus larges afin d’amorcer, sur la base du vocabulaire actuel, une vraie réflexion sémantique. Dans ce but, le conseil scientifique a voulu à la fois rapporter la réalité des mots utilisés mais aussi attirer l’attention sur certains qui sont soit des néologismes non définis, soit des termes impropres. Ces deux catégories de termes sont soulignées dans les tableaux par un fond grisé.
L’ostéopathe rencontre deux difficultés principales pour formuler un diagnostic. Il lui est d’abord difficile d’avoir une certitude quant à la cause des signes observés sur le patient même s’ils semblent converger vers un symptôme. Dans ces conditions, il lui est ensuite difficile d’exprimer un résultat de consultation noir sur blanc.
Cette difficulté à expliciter un résultat de consultation ne pourra se résoudre qu’à travers une évolution de la formation des ostéopathes leur donnant les outils nécessaires mais aussi leur permettant de se libérer de la prégnance du discours médical officiel. La profession d’ostéopathe est en train de se construire et les incertitudes que rencontrent les ostéopathes dans l’explicitation de leur démarche ont été vécues dans le passé par les médecins généralistes.
C’est ainsi que s’est progressivement construite la sémiologie médicale c’est-à-dire la partie de la médecine qui étudie les signes (qui traduisent la lésion ou le trouble d'une fonction) que peut relever le médecin (signes physiques, fonctionnels, généraux), qui engendrent la plainte du patient et dont la présentation permet de poser un diagnostic ou, plus modestement, un résultat de consultation.
Le médecin généraliste autrichien R.N. Braun a défini et classé vers 1950, les dénominations relevées en pratique quotidienne de médecine générale. Chaque position est fondée sur la certitude sémiologique obtenue au cours de la séance, quels que soient les autres éléments intervenant ensuite dans la décision thérapeutique.
Les positions diagnostiques :
Ces positions diagnostiques ne sont pas des "niveaux de diagnostic" hiérarchisés.
Les Résultat de Consultation en position A et B représentent 70 % de l’activité des médecins généralistes, ceux en C et D n'en représentent que 30 % (Réf : SFMG ABCDaire de Médecine Générale sous la direction du Dr Philippe Jacot).
Le choix de la dénomination et celui de sa position diagnostique par le praticien, témoignent de l’analyse de la sémiologie présentée au cours de la séance. Ils témoignent également de la certitude où se trouve le médecin à ce moment donné. Ainsi, symptôme ou tableau de maladie, syndrome ou diagnostic certifié, tous ces résultats de consultation ont une valeur équivalente pour le médecin généraliste parce qu’ils relèvent tous d’un même processus médicalement raisonné. Ils sont le point de départ, le support de la procédure qui aboutira à la décision.
Une difficulté particulière pour l’ostéopathe tient au fait qu’il prend en charge des troubles fonctionnels alors que le médecin recherche des désordres organiques plus aisément caractérisables. L’ostéopathe dans l’idéal devrait être capable d’analyser des manifestations fonctionnelles, de les situer par rapport à l’environnement particulier du patient et enfin, éventuellement, d’y découvrir des désordres organiques graves dus à une affection évolutive hors de sa compétence ou à des troubles chroniques dans le cadre des affections dégénératives surtout chez la personne âgée.